Nettoyage en entreprise : quelles sont les obligations légales en 2026 ?
On a tous déjà vu ce scénario. Des bureaux ou locaux professionnels “à peu près” entretenus, un nettoyage de bureaux qui incite à changer de prestataire, des sanitaires “ça ira bien jusqu’à demain”, une moquette qui raconte une vie antérieure. Et puis, un jour, le décor se fissure. Un salarié glisse, un client passe, un contrôle tombe, une tension RH monte. Le nettoyage quitte alors la catégorie “confort” pour entrer dans celle, beaucoup moins glamour, de la responsabilité.
En 2026, le cadre n’a rien d’un caprice administratif. Le droit du travail français pose une idée simple et lourde de conséquences : les locaux doivent rester dans un état constant de propreté, d’hygiène et de salubrité compatible avec la santé des travailleurs.
Ce n’est pas un slogan. C’est une obligation.
Le point clé : la loi n’impose pas un prestataire, elle impose un résultat organisationnel
Vous ne trouverez pas dans le Code du travail une phrase du type “nettoyage quotidien obligatoire par une entreprise spécialisée”. En revanche, vous y trouverez deux fondations solides.
D’abord, les lieux de travail doivent être maintenus dans un état constant de propreté et présenter des conditions d’hygiène et de salubrité propres à protéger la santé des salariés.
Ensuite, l’employeur doit mettre à disposition les moyens d’assurer la propreté individuelle, notamment vestiaires, lavabos, cabinets d’aisance et parfois douches.
Traduction opérationnelle : vous êtes libre sur le “comment”, mais vous êtes comptable du “fait”.
Ce qui est vraiment “obligatoire” selon vos locaux et votre activité
En matière de nettoyage professionnel, la loi française raisonne rarement en slogans ou en recettes universelles. Elle raisonne en usages, en risques et en réalité quotidienne. Autrement dit, ce n’est pas tant le secteur affiché sur le Kbis qui compte que la manière dont les locaux sont réellement utilisés.
Fréquentation, densité humaine, nature des activités, circulation des personnes et typologie des surfaces constituent les vrais critères d’appréciation en cas de contrôle ou de litige. C’est cette approche concrète qui permet de comprendre ce qui est réellement exigé.
Bureaux et locaux tertiaires : une obligation de propreté continue
Pour le nettoyage de bureaux et les environnements tertiaires, la réglementation impose un principe simple mais exigeant : les locaux doivent être maintenus dans un état constant de propreté, avec des conditions d’hygiène compatibles avec la santé des salariés.
Dans la pratique, trois zones concentrent l’essentiel des obligations et des risques.
Les sanitaires sont le premier point de vigilance. Leur état est souvent le premier élément observé lors d’un contrôle. Propreté des cuvettes, des sols, des points d’eau, gestion des consommables et absence d’odeurs persistantes sont considérés comme des indicateurs directs du respect des obligations d’hygiène.
Les zones communes viennent ensuite. Halls d’accueil, couloirs, escaliers, ascenseurs, salles de réunion ou espaces de pause doivent être entretenus de manière régulière. Ces zones concentrent la circulation, multiplient les contacts et augmentent mécaniquement les risques de chutes, de contamination ou de dégradation rapide.
Enfin, les postes de travail ne peuvent pas être totalement exclus du champ de l’obligation. Sans imposer une désinfection permanente des bureaux individuels, la réglementation attend un environnement propre, sain et compatible avec la prévention des risques professionnels. Un espace de travail durablement sale ou dégradé peut être interprété comme un manquement à l’obligation de sécurité.
Vestiaires et sanitaires : des exigences plus précises et moins négociables
C’est sur les vestiaires et les sanitaires que le Code du travail se montre le plus explicite. L’employeur a l’obligation de mettre à disposition des installations permettant la propreté individuelle des salariés et d’en garantir l’hygiène même si l’employé est un malheureux atteint par le syndrome de Diogène (pour en savoir plus sur le nettoyage extrême syndrome de Diogène) .
Cela implique non seulement l’existence de ces équipements, mais aussi leur entretien régulier et adapté à l’usage réel. Le nombre de salariés, la pénibilité des tâches, la présence de vêtements de travail spécifiques ou de substances salissantes sont autant de facteurs qui renforcent les exigences.
Pour les vestiaires, certaines obligations sont clairement définies. Ils doivent être maintenus en état de propreté, correctement ventilés et organisés de manière à éviter les risques sanitaires. Dans certains contextes professionnels, notamment industriels, l’absence d’un entretien suffisant peut être considérée comme une faute caractérisée de l’employeur.
Ici, la tolérance est faible. Les vestiaires et sanitaires sont perçus comme des espaces directement liés à la dignité et à la santé des salariés. Leur négligence est rarement justifiable.
Locaux accueillant du public : une obligation sous pression permanente
Dès qu’une entreprise accueille du public, la logique de conformité change de dimension. Le nettoyage ne relève plus uniquement de la relation employeur-salarié. Il engage aussi la responsabilité de l’entreprise vis-à-vis des tiers.
La circulation plus intense, la diversité des profils, la répétition des passages et l’imprévisibilité des comportements augmentent mécaniquement les risques. Sols glissants, déchets non évacués, surfaces contaminées ou sanitaires dégradés peuvent rapidement devenir des facteurs d’accident.
Dans ces contextes, la propreté constante n’est plus une notion théorique. Elle devient une exigence opérationnelle. La fiche Service-Public issue du Code du travail numérique rappelle clairement que l’aménagement et l’utilisation des lieux de travail doivent garantir des conditions d’hygiène et de sécurité adaptées, ce qui inclut un entretien rigoureux des espaces accessibles au public.
À cela s’ajoute un enjeu souvent sous-estimé : l’image. Un défaut de propreté visible par un client ou un usager ne se contente pas d’abîmer la réputation. Il peut, en cas d’incident, aggraver la responsabilité juridique de l’exploitant.
La question que tout le monde pose : existe-t-il une fréquence légale de nettoyage
Réponse directe : rarement sous forme d’un chiffre.
La réglementation vous impose de maintenir les locaux dans un état de propreté constant, mais elle ne fixe pas partout une fréquence universelle.
Dans la pratique, c’est votre évaluation des risques et l’usage réel des espaces qui dictent le niveau de nettoyage attendu. C’est exactement l’approche recommandée par l’INRS, qui traite le nettoyage comme une démarche de prévention des risques professionnels, pas comme une corvée.
Ce qui marche très bien en entreprise, parce que c’est simple et défendable, c’est de raisonner par critères : effectifs, densité d’occupation, typologie de surfaces, zones à risque, contraintes sectorielles.
Le document qui vous sauve quand la réalité se complique : le cahier des charges
En 2026, le cahier des charges n’est pas un luxe. C’est un pare-chocs.
Un cahier des charges bien fait permet de :
- formaliser ce qui doit être fait, où, quand et comment
- prouver que l’entreprise a organisé la prévention, et pas improvisé
- objectiver les contrôles qualité et la traçabilité
Et au passage, il évite le classique “on pensait que c’était inclus”.
Externaliser n’efface pas la responsabilité
C’est un malentendu fréquent : confier le nettoyage à un prestataire, même la meilleure entreprise de nettoyage ne transfère pas magiquement toute la responsabilité. L’entreprise cliente reste tenue de garantir la conformité globale et de choisir un dispositif cohérent avec ses risques.
Le bon réflexe est de traiter le prestataire comme un partenaire de conformité : périmètre, méthodes, contrôles, sécurité, gestion des produits, plan d’intervention.
2025–2026 : faut-il s’attendre à de nouvelles obligations légales en matière de nettoyage
À ce stade, il est important de lever un malentendu fréquent. Contrairement à ce que laissent parfois entendre certaines communications alarmistes, aucun grand texte législatif n’est venu, ni en 2025 ni en 2026, bouleverser le cadre juridique du nettoyage des locaux professionnels.
Sur le plan strictement réglementaire, les fondations restent les mêmes. Le Code du travail continue de s’appuyer sur des principes structurants bien connus : maintien des locaux dans un état constant de propreté, installations sanitaires adaptées, prévention des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs. Les textes de référence et les synthèses officielles n’ont pas introduit de nouvelles obligations chiffrées en matière de fréquence ou de méthodes de nettoyage.
Pour autant, considérer que “rien ne change” serait une erreur. Car plusieurs évolutions récentes, sans viser directement le nettoyage, modifient concrètement la manière dont les entreprises doivent penser l’hygiène et l’entretien de leurs locaux.
Le risque chaleur : une contrainte désormais pleinement intégrée à l’organisation des sites
Depuis le décret du 27 mai 2025, la prévention du risque lié à la chaleur fait l’objet d’un renforcement explicite des obligations de l’employeur. Le texte insiste notamment sur l’accès à une eau potable fraîche et sur la mise en place de mesures de protection adaptées en cas d’épisodes de chaleur intense.
Si le nettoyage n’est pas mentionné en tant que tel, les effets sont immédiats sur le terrain. En période chaude, les locaux deviennent plus difficiles à maintenir dans des conditions acceptables. L’humidité augmente, les odeurs se développent plus rapidement, les sanitaires sont plus sollicités et certaines surfaces deviennent plus sensibles. Dans ces contextes, les fréquences et les protocoles d’entretien doivent souvent être ajustés pour rester cohérents avec l’obligation générale de protection de la santé.
Le nettoyage devient alors un levier opérationnel de prévention, au même titre que la ventilation ou l’aménagement des postes de travail.
Le travail dans la propreté : un signal social et politique à suivre
En janvier 2025, une proposition de loi a été déposée afin de mieux protéger les travailleurs du secteur de la propreté, notamment en favorisant des horaires de jour. Le texte a fait l’objet de discussions et de travaux en commission, sans pour autant aboutir, à ce stade, à une promulgation au Journal officiel.
En janvier 2026, cette proposition doit être lue pour ce qu’elle est : un signal politique et social, et non une obligation juridique immédiatement applicable à toutes les entreprises. Elle traduit néanmoins une évolution des attentes autour des conditions de travail dans le secteur du nettoyage.
Pour les entreprises clientes, cela implique une vigilance accrue dans la manière dont les prestations sont organisées, planifiées et intégrées à la vie du site. Même sans contrainte légale formelle, la pression sociale et organisationnelle progresse.
Qualité de l’air et ventilation : un sujet ancien, mais de plus en plus contrôlé
Les obligations d’aération et de ventilation des locaux ne sont pas nouvelles. Elles figurent depuis longtemps dans le Code du travail. Ce qui évolue en revanche, c’est le niveau d’attention porté à leur application réelle.
L’INRS rappelle régulièrement que la ventilation fait partie intégrante de la démarche de prévention des risques professionnels. Or, un plan d’entretien sérieux ne se limite pas aux surfaces visibles. Il inclut aussi ce qui influe sur la qualité réelle de l’environnement de travail : poussières en suspension, renouvellement de l’air, entretien des grilles et des systèmes.
En ce sens, nettoyage et qualité de l’air ne sont pas deux sujets distincts. Ils participent d’un même objectif : maintenir des locaux compatibles avec la santé des personnes qui y travaillent ou y circulent.
Ce que Pro-Net recommande en 2026, de façon pragmatique
L’approche la plus sûre, celle qui tient bien face aux questions RH, aux audits et aux situations sensibles, c’est :
- Partir d’un état des lieux par zones et usages
- Formaliser un cahier des charges clair, mesurable, traçable
- Mettre en place une routine de contrôle qualité simple
- Ajuster saisonnalité et pics d’occupation, y compris chaleur et événements internes
C’est exactement la différence entre “faire le ménage” et “tenir un site conforme”. En vous appuyant sur une société de nettoyage Paris et en IDF sérieuse, il est clair que vous participez à la limitation des risques psychosociaux au sein de votre entreprise.
FAQ sur les obligations légales relatives au nettoyage de locaux professionnels
Le nettoyage des bureaux est-il obligatoire en entreprise ?
Oui. Le Code du travail impose que les locaux soient tenus dans un état constant de propreté et avec des conditions d’hygiène et de salubrité protégeant la santé des travailleurs.
Existe-t-il une fréquence légale de nettoyage (quotidienne, hebdomadaire) ?
Il n’existe pas toujours une fréquence chiffrée unique. L’obligation porte sur le maintien constant de la propreté et sur une organisation adaptée aux risques et à l’usage des locaux.
Quelles sont les obligations de l’employeur concernant les sanitaires ?
L’employeur doit mettre à disposition les moyens de propreté individuelle, notamment lavabos et toilettes, et en garantir l’hygiène pour préserver la santé des salariés.
L’entreprise doit-elle obligatoirement passer par un prestataire de nettoyage ?
Non. La loi n’impose pas l’externalisation, mais impose un niveau d’hygiène conforme. L’entreprise reste responsable du résultat organisationnel.
Qu’est-ce qui a changé récemment pour les obligations employeurs en 2025 ?
Un décret du 27 mai 2025 renforce la prévention du risque chaleur, notamment sur la mise à disposition d’eau potable fraîche et les mesures en cas d’épisodes de chaleur intense.
La qualité de l’air fait-elle partie des obligations liées aux locaux ?
Oui. L’employeur doit s’assurer que les locaux sont correctement aérés et que la ventilation s’inscrit dans la démarche de prévention des risques.
Sources réglementaires et pédagogiques
- France. Ministère du Travail.
Utilisation et aménagement des lieux de travail : hygiène, salubrité et propreté.
Code du travail numérique, fiche Service-Public, mise à jour continue.
En ligne : https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/sante-et-securite-utilisation-et-amenagement-des-lieux-de-travail - Institut national de recherche et de sécurité (INRS).
Toilettes : quelles obligations pour l’employeur ?
Focus juridique, INRS.
En ligne : https://www.inrs.fr/publications/juridique/focus-juridiques/focus-sanitaires-toilettes.html - Institut national de recherche et de sécurité (INRS).
Nettoyage des locaux de travail. Que faire ?
Brochure ED 6347, INRS.
En ligne : https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED+6347 - Preventica.
Hygiène au travail : obligations et bonnes pratiques pour les employeurs.
Article d’actualité, juin 2025.
En ligne : https://www.preventica.com/magazine/actualites/redak-hygiene-quelles-obligations-et-bonnes-pratiques-pour-les-employeurs-23062025
